Les Poèmes de Ginette
Ginette Maur est membre du Groupe Poétique François Villon et
membre d'honneur de l'Association Le Jardin des Poètes François Villon de La Petite Pierre.
Elle écrit de nombreux poèmes et a publié de nombreux recueils.
Des nouveaux poèmes de Ginette
Des rangées de marronniers,
Une maison dessinée
Sur la terre gravelée
Et le camp des prisonniers ;
Les enfants courent et rient ;
Les maîtresses dans un coin
Les surveillent avec soin ;
A la corde, comme on crie !
Tous les ballons sont sortis…
Mais la cloche retentit
Alors l’essaim se regroupe ;
Et chacune, jusqu’au soir,
Reprend en petites troupes
Le chemin vers le savoir.
Ginette MAUR
Aujourd’hui j’ ai trié
Tous les anciens desseins de mon destin
J’ai enfermé dans un carton
Mes projets avortés
Mes rêves envolés
Mes désirs inassouvis,
« Tous mes actes manqués »
Mes échecs, mes regrets,
La robe de mariée
Blanche de pureté
Que je n’ai pas portée
Le voyage à Moscou
Quand nous croyions beaucoup
Aux lendemains heureux
Paradis à nos yeux
Ces espoirs du passé
A jamais effacés
Puis j’ai mis le carton
Au pilon de l’oubli
Au désintégrateur
Bien sûr, j’ai conservé
Tous mes petits bonheurs,
Mes joies, mes réussites
Mes instants merveilleux
Qui m’ont portée aux cieux
Toutes mers jouissances
Mes instants de puissance
Je les ai encadrés
Je les ai affichés
Les ai mis en valeur
Comme un bouquet de fleurs
Je les ai sous les yeux
Pour quand je suis en rage
Pour quand je perds courage
Et vite je me sens mieux
Et je reprends espoir
Je souris.
Ginette Maur
J’ai pas d’ pseudo, c’est lamentable !
Mon nom d’poèt’, c’est l’véritable.
J’aurai pu prendr’ celui d’mon père,
Sosie parfait d’anciens trouvères :
Y a eu aut’fois Jean de Régnier,
Y a eu Henri, au siècl’ dernier,
Tous deux munis de particules,
Et Mathurin en Majuscule.
Eh ! bien ! faisant fi d’ces gens-là,
J’n’ai pas gardé l’nom d’mon papa.
M.A.U.R. c’est mon mari
Comme l’saint dont l’t’ait pas sorti.
Las ! il se perd, not nom d’famille :
A mon regret, j’ n’ai fait qu’ des filles.
Papa Maur, j’vous en d’mand’ pardon,
Tout’s trois ont fait un beau garçon,
Mais ils ne portent pas vot’ nom.
C’est p’têt’ moi qui l’ferai connaître
En signant mes œuvres de poètes.
Mais l’important, c’ est la tendresse
Qui nous unit, que rien n’agresse !
mes enfants, me donnebt point d’souci
Mes deux gendr’s sont vraiment mes fils.
J’suis leur bell’ doch’ mais sans m’tromper,
Ils ont pour moi de l’amitié.
Puis, j’ai mes p’tits, trois gars, deux filles ;
Chaqu’ couple a fait une belle famille ;
Et pour tout dire, pour moi aussi,
Cinq fois grand-mère, c’est l’Paradis !
Ginette MAUR